Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 Oct

C'est pire après un Shiatsu! Pourquoi? Et que faire?

Publié par Furansu Zen  - Catégories :  #Shiatsu

C'est pire après un Shiatsu! Pourquoi? Et que faire?

Vous sortez d’une séance de Shiatsu et vous vous sentez super bien. Mais voilà qu’apparaissent le lendemain ou quelques jours plus tard, des signes pour le moins désagréables auxquels vous ne vous attendiez pas. Tout va pour le pire et vous regrettez peut-être d’avoir opté pour le praticien en question. Finalement, n’avez-vous pas eu tort d’aller le voir sur les recommandations d’Untel ? Vous commencez à le regretter et vous vous demandez que faire… Laissez-moi vous expliquer ce qui est en train de se passer dans votre corps, et vous saurez comment il convient de réagir.

Un réflexe désagréable, mais heureusement momentané

Ce qui vous arrive porte le nom d’effet-rebond. C’est une aggravation réactionnelle transitoire qui survient le lendemain ou le surlendemain d’un soin, alors que tout semblait aller pour le mieux. En général, ce type de réaction a lieu lors des premières séances et ne se reproduit que rarement après. Cette phase est d’autant plus surprenante que la personne, rentrée soulagée par le soin, se sentait alors beaucoup mieux, d’où sa déception ( "ça n’a pas marché" ou "ça n’a servi à rien" ) ou le doute ("le thérapeute n’aurait pas fait une bévue ?" ). Eh bien c’est étrange, mais ce qui se passe est tout à fait normal, et même plutôt attendu!

L’effet rebond vient du grec resbon, factice. C’est un terme usité dans plusieurs disciplines : en médecine, en psychologie, comme en économie. Dans les soins, cette phase dure en général 10 jours. Dix jours durant lesquels tout est possible. Ce qui fait que si la personne ressort de la séance avec un  soulagement et cette impression d’être dérouillé, les jours suivants sont moins glorieux. Apparaît une phase d’exagération parfois assez spectaculaire : fatigue, courbature, apparition de douleurs variées, impression d’avoir été passé sous un rouleau compresseur, etc. Normalement, au 11ème jour, miracle : tous ces symptômes disparaissent, y compris celui qui constituait le motif de la consultation.

Le prix à payer

La douleur n’est pas là pour nuire. Elle a une fonction. Elle est un signal d’alarme qui oblige la personne à réagir, voire à chercher une aide extérieure. Elle peut être aigüe ou chronique, et plus ou moins expressive. A minima, elle subsiste en toile de fond comme une gêne supportable au fil des ans. Mais derrière cette douleur se dessine un système qui arrive aux limites de son adaptation. Le corps s’épuise à lutter contre un déséquilibre permanent.

Lorsqu’on lève l’obstacle – l’origine du déséquilibre – l’organisme peut enfin se lancer dans un processus de réparation. Celui-ci est consommateur d’énergie et provoque des oedèmes, dits de "réparation", aux endroits qui nécessitent remaniement.

Malheureusement, aux endroits où l’espace manque (au niveau de la sortie des nerfs de la colonne vertébrale, la base du crâne, sous la clavicule, au niveau du canal carpien, certaines articulations, etc.) l’oedème fera compression, ce qui est douloureux, parfois plus qu’avant consultation.

Des signes de bon augure

Même si désagréable, cet effet rebond est donc de bon augure. Il révèle que l’organisme retrouve le pouvoir de corriger les problèmes à l’origine du symptôme. En général, cela montre que l’on a touché à une cause profonde et assure la disparition d’un amas de symptômes et de la non-réapparition de ceux-ci. Sauf si la personne répète des schémas comportementaux nuisibles à sa santé. Je m'explique en prenant un exemple simple :  l'insomnie est parfois le résultat d'un comportement inapropprié, par exemple celui de rester devant son écran d'ordinateur jusqu'à plus de minuit. Vous pouvez recevoir un Shiatsu par semaine, si vous perpétrez cette habitude, vous risquez d'être toujours aussi insomniaque!... Tout le monde sait aujourd'hui que les écrans rétro-éclairés jouent sur le système nerveux et empêchent le sommeil d'arriver. Ce genre de cas serait alors l’indice d’un traumatisme émotionnel inconscient sur laquelle il conviendrait de se pencher lors de la séance de Shiatsu.

La personne peut donc naturellement présenter après une bonne séance des signes de fatigue, des courbatures, des douleurs migrantes (un coup le genou fait mal, puis la hanche, les lombaires, puis tout ça disparaît alors qu’une autre douleur survient à la nuque, etc.). L’intensité est tout à fait variable et semble dépendre de la chronicité, des tissus concernés et de l’importance du traumatisme à l’origine de tous ces maux.

Pourquoi cela n’apparait-il qu’après la séance ?

En général, la séance apporte un gain. La personne se sent soulagée. Quelque chose vient de se libérer à l’intérieur et ça se ressent. En plus du retour de la mobilité, on a l’impression que "ça circule à nouveau". Le reste de la journée, après le soin, se passe bien plutôt bien. Il arrive même qu’on exagère un peu : certains qui avaient les épaules bloquées, en profitent maintenant pour nettoyer les rideaux ou tailler les haies, choses qu’ils avaient du mal à réaliser auparavant.

Après chaque séance de Shiatsu, je déconseille fortement à mes clients d'aller au sport, de faire du jardinage, de porter de lourdes charges, bref de demander des efforts à leur corps et je leur demande de rester au calme pour les deux jours qui suivent cette séance, de bien s'hydrater pour éliminer les toxines, de rester le plus possible dans cette douce énergie en faisant le moins de choses possible, en s'intériorisant... Mais dès le lendemain, parfois c’est la surprise. Que s’est-il donc passé ?

Pendant le sommeil, le corps est entré dans une phase neurologique parasympathique, c’est-à-dire qu’il s’est mis en mode de récupération. L’organisme est en branle-bas de combat. Les cellules s’activent pour corriger tout ce qui peut l’être et cela se fait par de petites inflammations. Si beaucoup de choses sont à réparer, il est évident qu’il y aura des signes de fatigue, voire des courbatures. Quant aux douleurs, elles ne sont que la suite logique de ces inflammations qui compriment et chauffent... 

Rendez à César ce qui est à César !

Certaines personnes, se sentant désemparées, cherchent dans l’urgence un autre thérapeute pour soulager la situation devenue catastrophique à leurs yeux (cela dépend bien évidemment du niveau d’angoisse de chacun).  Mais si la personne se fait traiter par quelqu’un d’autre après notre séance, deux cas de figure sont possibles :

- soit la situation s’aggrave encore (les capacités de régénération sont à nouveaux sollicitées et on repart pour un tour) et la personne impute tout ce qui lui arrive au premier thérapeute ;

- soit cela s’atténue aussitôt ou dès le lendemain, et la personne croit avoir déniché son sauveur, celui qui – enfin – a su trouver la cause de sa maladie. Dans ce second cas également, le premier thérapeute est aussi mis dans le même sac et sera considéré comme un incompétent.

Cependant, ce que le client ignore, c’est que bien souvent le premier thérapeute ayant réellement touché la vraie cause de la maladie, ce qui arrive ensuite est tout simplement la phase de l'effet rebond. Le moindre petit soin dans cette phase accélère la réparation de manière spectaculaire et ce qui était attribué au thérapeute  "sauveur" n’est autre que la conséquence naturelle du premier traitement.

Pourquoi n’y a-t-il pas d’effet rebond en médecine traditionnelle ?

Là où la médecine traditionnelle s’occupe de réduire ou de faire disparaître les symptômes, les approches holistiques, elles, tentent de retracer l’histoire de la maladie et d’en corriger les causes sous-jacentes, car elles savent que si l’on n’atteint pas la cause, les conséquences s’éterniseront. 

Pendant la période de réparation intense, dont le début est marqué par ce fameux effet rebond, le client a l’impression d’un retour en arrière, comme s’il revivait à rebours ses anciens symptômes. C'est normal! Je dis souvent à mes clients que leur corps est semblable à un tapis poussiéreux et que le Shiatsu secoue leur tapis. Il y a forcément des retombées, mais petit à petit, Shiatsu après Shiatsu, le tapis est plus propre. Soyons persévérents!

Quand on ne s'intéresse qu'aux symptômes, avec la médecine classique, on les fait disparaître avec quelques médicaments. On est vite soigné, soulagé! Mais on ne s'est pas attaqué à la cause. Et là, il n’y a aucun effet rebond. Le souffrant cherche un soulagement rapidement, il l’obtient, mais progressivement, plusieurs jours, semaines ou mois, voire parfois quelques années seulement après, surviennent d’autres problèmes. C’est pourquoi il est intéressant de s’attarder beaucoup plus tôt sur le moindre signe que présente la personne, aussi minime soit-il, parce qu’il trahit déjà qu’il se passe une chose dont l’organisme n’arrive pas à se libérer. Inutile de laisser cela prendre des proportions avec le temps..

Le danger dans tout cela est de confondre cet effet rebond avec une véritable aggravation. C’est pourquoi il faut être vigilant et surtout à l’écoute du client, mais également du corps, qui lui ne ment pas. Une vraie relation d’équipe doit s’instaurer entre le client et le thérapeute. Le client doit participer à sa santé et se responsabiliser, sortir du rôle de victime et surtout regarder ses angoisses en face. Quant au thérapeute, il doit savoir écouter, expliquer avec des mots simples et traduire ce qu’exprime le corps. Il incombe à chacun d’accepter ses propres limites, et accueillir l’autre tel qu’il est, dans un climat à partir duquel il est possible de construire quelque chose. Client et thérapeute peuvent alors se parler franchement sans se blesser.

D'accord, mais maintenant que faire?

– Mettez une bouillotte à hauteur du foie. La chaleur dilate les veines, ce qui fait un appel de sang veineux dans le foie et décongestionne à distance les zones d’inflammation.

– Boire de l’eau. C’est bête, mais ça réduit en effet la douleur.

– Reposez-vous ! Eh oui, c’est en dormant qu’on guérit le plus vite.

– Remerciez votre corps, gratifiez-le et songez à lui avec bienveillance. Il fait ce qu’il faut et il le fait bien : il est nullement en défaut !

– Je déconseille de prendre en première intention des anti-inflammatoires traditionnels, sauf si la douleur est insupportable (il ne faut pas souffrir inutilement). Mais comprenez que ces médicaments réduisent l’inflammation, or l’inflammation est le seul outil à la disposition du corps pour réparer et rétablir l’équilibre.

Certains pesteront contre le thérapeute – et ce, même si l’on prévient et explique auparavant cet effet – alors qu’il s’agit d’un phénomène pour le moins naturel et connu d’autres médecines (ex : l’homéopathie). Cette aggravation est momentanée et salutaire.


Si la réaction est exacerbée, la personne est invitée à prévenir son thérapeute des réactions post-séances afin de s’assurer qu’il s’agisse bien de cet effet. Mais il faut comprendre qu’on ne peut demander à son corps de reprendre sa course effrénée sans une période de repos qui – si l’on a oublié – porte le nom de "convalescence".

Source Conscience et santé.com

Commenter cet article

À propos

Shiatsu, Japon, Arts Martiaux, Zen